Les tribulations d’une cuisinière anglaise 2


C’est après m’être plongée dans la série Downton Abbey (il serait temps que j’écrive un article pour vous en parler), que j’ai découvert l’existence du livre qui a inspiré son réalisateur, Julian Fellowes. Vous pensez bien que je n’ai pas pu résister !

 

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Quatrième de couverture / Dans l’Angleterre du début des années 1920, la jeune Margaret rêve d’être institutrice, mais elle est issue d’un milieu modeste et doit « entrer en condition ». De fille de cuisine, elle devient rapidement cuisinière, un titre envié parmi les gens de maison. Confinée au sous-sol de l’aube à la nuit, elle n’en est pas moins au service de ceux qu’on appelle « Eux », des patrons qui ne supporteraient pas de se voir remettre une lettre par un domestique autrement que sur un plateau d’argent. Elle saura leur tenir tête et rendra souvent son tablier pour améliorer ses conditions de travail, jusqu’à ce qu’elle trouve enfin, sinon le prince charmant, du moins le mari qui l’emmènera loin des cuisines des maîtres. Grâce à son franc-parler aux antipodes des récits de domestiques anglais trop parfaits, ce témoignage paru en 1968 a valu la célébrité à Margaret Powell (1907-1984). Quarante plus tard, il a inspiré le scénariste de Downton Abbey.

En temps normal, je ne suis pas une grande fan des récits autobiographiques. Mais je dois avouer que les aventures de Margaret Powell me tentaient depuis un bon bout de temps déjà .. J’avais envie d’en apprendre peu plus sur les conditions de travail des domestiques au XXème siècle, les relations qu’ils entretenaient entre eux et avec leurs maîtres, mais surtout j’avais envie de comparer tout cela à la série à laquelle j’étais accro depuis plusieurs semaines !

Tout d’abord, c’est un livre qui se dévore assez vite ! On a vraiment l’impression d’être en face de Margaret Powell et d’écouter ses aventures. L’auteure a adopté un style très simple, proche de l’oral (on aime ou on aime pas !) mais relevé par un franc parlé. On peut dire qu’elle n’a pas sa langue dans sa poche !

Ensuite j’ai apprécié les anecdotes des différents périodes de sa vie (qu’elle donne un peu en vrac). Son enfance, partie très touchante, où elle a grandit dans une famille très pauvre où chaque jour était un combat pour s’en sortir. Mais malgré tout, elle eut une enfance heureuse; elle plaignait même les enfants de riches car ils ne jouaient pas de la même manière que les enfants pauvres : il leur était interdit de courir, sauter, se salir, .. en bref, de s’amuser ! Vient ensuite la période où, à l’âge de quinze ans, Margaret entre « en condition » en tant que fille de cuisine. Margaret évoque avec beaucoup de bon sens et d’humour ses conditions de travail. On se rend bien compte au fil de la lecture que le travail de domestique était très ardu et fatiguant : réveil à 5h30 et coucher vers 1h du matin .. et encore, pour dormir dans un lit très inconfortable ! Margaret occupait le poste le plus bas de l’échelle car la fille de cuisine devait accomplir les tâches les plus ingrates. Et puis ensuite vient le moment où elle se marie, ce qui lui permet de sortir de sa vie de domestique.

Malheureusement, j’ai trouvé le récit un peu trop court. J’aurai souhaité que Margaret s’attarde un peu plus sur sa vie de domestique et qu’elle donne un peu plus de détails. Néanmoins, c’est un livre intéressant sur la domesticité et je le recommande à ceux qui suivent Downton Abbey !

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Photo : Daisy, fille de cuisine dans Downton Abbey


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2 commentaires sur “Les tribulations d’une cuisinière anglaise

  • Leaureine

    Ça y est ! Je l’ai lu !
    Rien de tel qu’un aller retour Caen Strasbourg pour se plonger dans la lecture !
    Je suis d’accord avec toi, le style est simple, et le livre se devore très vite ! Personnellement, j’ai suivi avec avidité ses pérégrinations, et les anecdotes qu’elle livre sont passionnantes (ce n’est pas si lointain, et pourtant tant de choses ont changé depuis !). Comme toi, je suis restée un peu sur ma faim… heureusement que des scénaristes ont eu la brillante idée de s’inspirer de son écrit pour créer Downtown Abbey !
    Et sinon, en la lisant, je me suis dit « Quelle femme ! Quel parcours ! ». Comme on dit, je lui tire mon chapeau d’avoir réussi à poursuivre ses envies, à plus de 50 ans !
    Désormais je suis plongée dans… Stoner ! Merci pour tes pistes de lecture !

    • helloimene Auteur du billet

      Complètement d’accord avec toi, et puis quel caractère aussi ! Comme tu dis, ce n’est pas si loin que ça mais finalement heureusement que les temps évoluent. Elle n’était pas complètement à plaindre, mais je pense que les conditions de vie de certains domestiques étaient bien plus pénibles.
      Tu as suivi la série Downton Abbey ?